LE VENTOUX

LE VENTOUX
Dès qu'Andy Schleck a placé sa première accélération du jour, dans la partie ombragée et boisée du Mont Ventoux, il a fait comprendre quelle était son envie : en jetant un oeil derrière lui pour apercevoir où était son frère Frank plutôt qu'en levant le regard vers le sommet du Géant de Provence, le champion du Luxembourg pensait surtout à hisser son aîné avec lui sur le podium plutôt qu'à mettre en danger le Maillot Jaune. Mais le scénario rêvé des Saxo Bank n'a pas eu lieu : jamais Frank Schleck (6e du jour à 0'43'') n'a pu mettre dans le rouge Lance Armstrong (5e à 41''), qui a répondu à chaque attaque du Luxembourgeois sur les 21 km du Mont Chauve. Le rythme saccadé des deux frères grimpeurs n'a payé que dans les tout derniers kilomètres, faisant craquer Bradley Wiggins (10e à 1'03'') et Andreas Klöden (12e à 1'42''). Mais l'Américain, septuple vainqueur du Tour, avait encore assez de réserve pour sprinter dans le dernier virage et assurer son retour sur le podium, quatre ans après sa dernière victoire.


Andy Schleck a couru pour Frank

Finalement, l'assaut du Mont Ventoux au milieu d'une foule compacte et hurlante n'a opéré qu'un seul changement parmi les cinq premiers, avec l'apparition de Frank Schleck à la 5e place, à trois secondes de Wiggins et à quarante d'Armstrong, mais il peut laisser un goût amer à Andy Schleck qui avait les jambes pour remporter sa première victoire d'étape sur le Tour de France. Les Saxo Bank avaient d'ailleurs tout fait pour lancer le Maillot Blanc dans la meilleure position en durcissant la course par O'Grady et Cancellara à 50 bornes de la ligne, relayés par les Astana qui ont lancé un coup de bordure à 30 kilomètres de la ligne (Sastre, Evans et Moreau piégés). Mais la course de marquage des favoris a finalement fait le jeu des seize échappés matinaux qui ont débuté l'ascension du Ventoux avec moins de cinq minutes d'avance, loin des dix minutes acquises à 80 km de l'arrivée.



Garate sauve le Tour des Rabobank
Si Samuel Dumoulin, Maxime Bouet (17e) ou Christophe Riblon (13e) ont progressivement lâché prise parmi les seize fuyards au fil de la montée, l'Espagnol Juan Manuel Garate (Rabobank) et l'Allemand Tony Martin (Columbia) ont maintenu un rythme suffisant pour garder une trentaine de secondes sur la ligne. Déjà vainqueur d'étape sur la Vuelta et le Giro, le grimpeur de 33 ans a surpris la future star de 24 ans avec un double démarrage dans le dernier kilomètre. Le vainqueur du jour sauve aussi le Tour d'une équipe Rabobank où Robert Gesink a rapidement été éliminé sur blessure et où Denis Menchov a traversé la course comme un fantôme. Comme Garate, mais un peu à l'arrière du groupe de leaders, Christophe Le Mével (15e) a su respecter le Ventoux pour s'assurer une place dans le Top 10 à l'arrivée : «J'avais l'appréhension du Ventoux surtout après trois semaines, commente-t-il. Mais je suis content de ma montée. Maintenant, on voit la Tour Eiffel.

1. GARATE Juan Manuel 45 RABOBANK 4h 39' 21"
2. MARTIN Tony 76 TEAM COLUMBIA - HTC 4h 39' 24" + 00' 03"
3. SCHLECK Andy 31 TEAM SAXO BANK 4h 39' 59" + 00' 38"
4. CONTADOR Alberto 21 ASTANA 4h 39' 59" + 00' 38"
5. ARMSTRONG Lance 22 ASTANA 4h 40' 02" + 00' 41"

34. MOINARD Amaël 128 COFIDIS LE CREDIT EN LIGNE 4h 45' 06" + 05' 45"

CLASSEMENT GENERAL

1. CONTADOR Alberto 21 ASTANA 81h 46' 17"
2. SCHLECK Andy 31 TEAM SAXO BANK 81h 50' 28" + 04' 11"
3. ARMSTRONG Lance 22 ASTANA 81h 51' 41" + 05' 24"
4. WIGGINS Bradley 58 GARMIN - SLIPSTREAM 81h 52' 18" + 06' 01"
5. SCHLECK Frank 36 TEAM SAXO BANK 81h 52' 21" + 06' 04"
6. KLÖDEN Andréas 23 ASTANA 81h 52' 59" + 06' 42"
7. NIBALI Vincenzo 95 LIQUIGAS 81h 53' 52" + 07' 35"
8. VANDE VELDE Christian 51 GARMIN - SLIPSTREAM 81h 58' 21" + 12' 04"
9. KREUZIGER Roman 93 LIQUIGAS 82h 00' 33" + 14' 16"
10. LE MEVEL Christophe 106 FRANCAISE DES JEUX 82h 00' 42" + 14' 25"

65. MOINARD Amaël 128 COFIDIS LE CREDIT EN LIGNE 83h 28' 11" + 1h 41' 54"
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# Posté le lundi 27 juillet 2009 03:06

«M'accrocher le plus longtemps possible»

«M’accrocher le plus longtemps possible»
«Bonjour à tous



C'était une dure journée! Une étape fatigante car tout le monde a roulé très vite: le peloton ne voulait pas laisser partir les échappés, résultat, tout le monde a roulé à 55 km/h jusqu'au pied de la dernière difficulté, et puis les équipes de sprinteurs ont fait la montée rapidement pour éviter les attaques.



Les étapes de transition, cela n'existe plus, tout le monde a trop d'intérêts en jeu, et avec le contre-la-montre de jeudi, beaucoup ont pu récupérer. En plus, il y avait un petit peu de vent dans le dos. Heureusement, on avait Duque devant qui a fait du bon boulot.



Je ne suis pas surpris d'avoir vu Cadel Evans devant. Le départ était propice à une belle passe d'arme, et puis il était lâché au général. En tout cas, cela fait plaisir de voir un leader changer ses plans et tenter un baroud d'honneur. C'est bien.



Demain, c'est le Ventoux, la dernière «vraie» étape du Tour. Je vais essayer de me faire plaisir et de m'accrocher le plus possible. Même si j'ai laissé beaucoup de plumes dimanche et mardi, je vais faire la montée à bloc pour voir où j'en suis. Et puis j'ai envie de rester avec les leaders le plus longtemps possible pour être témoin de la grande bagarre.



A demain!»



Amaël



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# Posté le samedi 25 juillet 2009 04:23

BIENTÔT LA FIN DU TOUR

BIENTÔT LA FIN DU TOUR
Aujourd'hui, j'ai pris une cassure dans une descente. Mais vu ma position au classement général, je ne me suis pas épuisé pour remonter.
C'est vraiment dommage qu'il me soit arrivé tous ces pépins en début de Tour car avec mon état de forme, je sens que j'aurais pu faire mieux au général.
Hier soir, j'ai pu échanger un peu avec Laurent Jalabert, ça m'a fait plaisir.

Bonne soirée, Amaël
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# Posté le samedi 25 juillet 2009 04:21

CAVENDISH ENCORE ET ENCORE...

CAVENDISH ENCORE ET ENCORE...
Dans le jargon du cyclisme, on disait qu'il ne passait pas un pont de chemin de fer. Autrement dit, que la moindre côte mettait fin à ses prétentions de victoire. Depuis le début de la saison, Mark Cavendish a prouvé qu'il avait élargi sa palette : le coureur de l'île de Man avait surpris tout le peloton en digérant sans broncher le Poggio avant de triompher dès son premier Milan - Sanremo. Vendredi, sur les routes escarpées de l'Ardèche, la tâche la plus compliquée du sprinteur britannique n'était pas de lancer dans la dernière ligne droite son accélération unique, toujours imparable, mais bien de passer sans encombre le Col de l'Escrinet (14 km à 4,1%), à 15 km de l'arrivée. Malgré le gros rythme imposé par Cervélo et Rabobank pour l'éliminer, il a réussi à basculer avec les quarante meilleurs avant de surpasser au sprint, sur une chaude pluie d'orage, son traditionnel second Thor Hushovd, qui se rapproche néanmoins du Maillot Vert.



Cavendish le cannibale

Pour décrocher sa neuvième étape en deux éditions du Tour de France, Cavendish a une nouvelle fois pu compter sur une surpuissante équipe Columbia. Ses coéquipiers ont notamment ruiné les espoirs du champion du monde Alessandro Ballan (Lampre) et de Laurent Lefèvre (BBox) partis dans les derniers kilomètres du col de l'Escrinet et repris à deux kilomètres de la ligne. «J'ai tenté un coup de poker au pied de la côte avec vent de face, commente le Français. Le retour de Ballan m'a bien aidé surtout dans le final avec de longues lignes droites. Mais il fallait essayer.» A l'image de Laurent Lefèvre, beaucoup de coureurs ont essayé dès le départ de Bourgoin sur ce parcours casse-pattes promis aux baroudeurs : dix-neuf coureurs dont Sanchez, Evans, Kirchen ont accéléré dès le premier kilomètre mais n'ont jamais été oubliés par le peloton (avance maximale de 2'45'').




Armstrong gagne 4 secondes
En imprimant le rythme tout au long d'une étape avalée à 46,3 km/h, les Rabobank pensaient déposer Oscar Freire (5e) vers la victoire mais Cavendish le cannibale avait encore de l'appétit. Plus personne depuis Lance Armstrong en 2004 n'avait remporté cinq étapes sur un Tour de France. Lance Armstrong ne pensait pas à la victoire d'étape quand il a participé au sprint final mais bien à la lutte pour le podium : en profitant d'une cassure juste après lui, l'Américain (12e) a réussi à gratter quatre secondes sur Frank Schleck, Bradley Wiggins et son coéquipier Andreas Klöden. Que vaudront ces quatre secondes sur les pentes interminables du Mont Ventoux samedi après-midi ?

1. CAVENDISH Mark 71 TEAM COLUMBIA - HTC 3h 50' 35"
2. HUSHOVD Thor 6 CERVELO TEST TEAM 3h 50' 35" + 00' 00"
3. CIOLEK Gerald 182 TEAM MILRAM 3h 50' 35" + 00' 00"
4. VAN AVERMAET Greg 16 SILENCE - LOTTO 3h 50' 35" + 00' 00"
5. FREIRE Oscar 44 RABOBANK 3h 50' 35" + 00' 00"
6. PINEAU Jérôme 156 QUICK STEP 3h 50' 35" + 00' 00"
7. BEPPU Fumiyuki 192 SKIL-SHIMANO 3h 50' 35" + 00' 00"
8. ROCHE Nicolas 89 AG2R LA MONDIALE 3h 50' 35" + 00' 00"
9. LE MEVEL Christophe 106 FRANCAISE DES JEUX 3h 50' 35" + 00' 00"
10. MAASKANT Martijn 55 GARMIN - SLIPSTREAM 3h 50' 35" + 00' 00"
11. LEQUATRE Geoffroy 178 AGRITUBEL 3h 50' 35" + 00' 00"

70. MOINARD Amaël 128 COFIDIS LE CREDIT EN LIGNE 3h 52' 36" + 02' 01"

CLASSEMENT GENERAL

1. CONTADOR Alberto 21 ASTANA 77h 06' 18"
2. SCHLECK Andy 31 TEAM SAXO BANK 77h 10' 29" + 04' 11"
3. ARMSTRONG Lance 22 ASTANA 77h 11' 39" + 05' 21"
4. WIGGINS Bradley 58 GARMIN - SLIPSTREAM 77h 11' 54" + 05' 36"
5. KLÖDEN Andréas 23 ASTANA 77h 11' 56" + 05' 38"
6. SCHLECK Frank 36 TEAM SAXO BANK 77h 12' 17" + 05' 59"
7. NIBALI Vincenzo 95 LIQUIGAS 77h 13' 33" + 07' 15"
8. VANDE VELDE Christian 51 GARMIN - SLIPSTREAM 77h 16' 26" + 10' 08"
9. LE MEVEL Christophe 106 FRANCAISE DES JEUX 77h 18' 55" + 12' 37"

65. MOINARD Amaël 128 COFIDIS LE CREDIT EN LIGNE 78h 43' 05" + 1h 36' 47"
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# Posté le samedi 25 juillet 2009 04:19

«Le Tour n'est pas joué»

«Le Tour n'est pas joué»
Bonjour à tous,

Ce contre-la montre, je ne l'ai pas fait à bloc. Je savais que Millar, qui partait juste derrière moi allait me rattraper. Mais je ne savais pas à quel moment. Comme je n'ai pas d'ambition pour le classement général, je n'avais aucune raison de me mettre «à la mort», comme on dit, sur ce genre de parcours, pour hypothéquer mes chances pour demain et samedi. Donc, ça ne m'a pas fait grand-chose de le voir revenir.

Mentalement, c'est quand même plus facile quand on a quelqu'un devant soi que quand on est livré soi même à l'effort. C'était très roulant, un parcours pour spécialistes. Toujours à 50 -55 km/h. Mais c'était un très beau chono, avec beaucoup de monde et un décor magnifique, sans le moindre danger.

A l'avenir, je sais que je suis capable de progresser dans ce demaine. L'année dernière, j'avais bien négocié le dernier chrono, mais j'avais l'objectif de la place de 15 pour le classement général. Ce n'est pas une place de 70e, ça n'a rien à voir. Je sais que je suis capable de faire de bons chrnonos. Après, je me fais plus ou moins mal en fonction de l'enjeu.

Contador, lui, a encore prouvé qu'il était le plus fort. Après les Alpes, tous les organismes sont affaiblis. Comme il est le meilleur grimpeur au monde, c'est lui qui sort le moins fatigué de la montagne. Il a énormément progressé sur le contre-la-montre. Que ce soit lui qui gagne... Ça ne m'étonne pas. Mais le Tour n'est pas joué. Il y a encore le Ventoux. Il n'est pas à l'abri d'une chute ou d'une crevaison au pied du Ventoux ou d'une défaillance, tout simplement. Il y a toujours une part de réussite dans le sport et on n'est jamais à l'abri de quoi que ce soit. On ne sait pas comment ça se passe dans son équipe. Comment il est dans sa tête.

A bientôt»

Amaël

# Posté le vendredi 24 juillet 2009 02:48